La Lettre Sportive: La course d’obstacles
Contrairement à ses prédécesseurs, le nouveau locataire du ministère des sports, en plus de son obligation de résultats, a le temps qui joue contre lui. Ces deux données à intégrer dans son plan d’action ne lui permettent pas de faire n’importe quoi. Des choix stratégiques s’imposent. Et si les bonnes décisions sont prises, à moyen et long terme, le sport national pourrait sortir de l’ornière. A l’instar d’un athlète engagé dans une course d’obstacles, notre ministre des sports aura à surmonter de nombreuses difficultés héritées de la gestion de ses prédécesseurs. Depuis 1998, année de la tenue du Conseil national des sports, pas moins de douze ministres se sont relayés au département des sports. Avec les résultats que chacun peut apprécier. Au-delà des professions de foi et des déclarations tapageuses, nous devons maintenant rompre avec toutes les pratiques qui n’ont aucune incidence sur la qualification de nos disciplines sportives.
Les obstacles, les handicaps et autres goulots d’étranglement sont identifiés, il y a belle lurette. Des solutions appropriées sont esquissées. C’est leur mise en œuvre qui pose problème. Les cadres du ministère se sont attelés au travail de réflexion sur la problématique du sport guinéen. En plus de cet exercice, des personnes ressources se sont investies à la faveur de toutes les concertations organisées depuis 1998. Faute de suivi et de coordination, la formidable moisson récoltée par le ministère n’a pas encore servi la cause du sport.
Le nouveau ministre qui a plutôt travaillé dans le milieu socio éducatif (Aide & Action) devra nécessairement s’appuyer sur une expertise performante. Son premier cercle de collaborateurs devra être constitué de spécialistes, qui lui permettront de prendre sans ambiguïté les meilleures décisions. Il s’agit de mettre en place les bases solides susceptibles de relancer le sport national. La crise du sport se situe d’abord au niveau institutionnel. Tant que la superstructure ne jouera pas correctement son rôle de catalyseur, il sera difficile d’inverser la tendance. C’est pourquoi dans cette phase transitoire, le Bureau d’Etudes, de Stratégie et de Développement a un rôle capital à jouer. Il lui revient tout le travail de réflexion et de prospective à l’adresse du cabinet du ministre. En plus, les tâches ci- après lui incombent :
- Procéder par le biais des fédérations nationales au recensement des administrateurs et techniciens sportifs du pays, afin de constituer une banque de données exploitables par le ministère ;
- Effectuer l’inventaire exhaustif de toutes les aires et plates formes sportives du pays
- Prospecter toutes les opportunités de coopération multilatérale avec les pays amis, les organismes internationaux et ONG internationales évoluant dans le domaine sportif ;
- Exécuter pour le compte du ministre, tout le travail de conception de la politique générale du ministère. Ce qui suppose que ce Bureau soit animé par des cadres techniciens et spécialistes en administration et gestion du sport ;
- Suivre l’évolution du sport, autrement dit l’actualité sportive africaine et internationale afin de produire périodiquement, mais de façon régulière, une synthèse des faits marquant à l’attention du ministre et des directions nationales. Ces rapports devront être accompagnés de remarques et suggestions pouvant intéresser la politique du département. Et permettre au ministre de prendre des décisions précises et sansambiguïté ;
- Jouer le rôle de Bureau de conseil du département sur toutes les grandes questions et dossiers qui impliquent son intervention au plan local et international.
Ces tâches qui ne sont nullement limitatives, indiquent simplement l’orientation à suivre pour les changements à opérer. Il reste entendu que ce Bureau d’Etudes, de Stratégie et de Développement ne supplante nullement les directions nationales existantes. Il s’agit de renforcer au maximum les capacités du ministère à concevoir et à suivre la mise en œuvre de stratégie de développement. La plupart des fédérations sportives devant être renouvelées l’année prochaine, des dispositions sont à envisager pour redynamiser le rendement de nos fédérations nationales. En clair, nos compétitions nationales doivent servir à préparer les joutes sportives africaines et internationales. En toile de fond, les prochains jeux africains de 2011 et les jeux olympiques d’été de Londres en 2012 représentent des repères significatifs pour nos autorités sportives. A mercredi prochain !
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